#196 -ˏˋ🚲🍋ˎˊ- Shein, trottoir et gendarmes
La newsletter au ton badin pour faire grandir sa culture cyclable : 5 minutes de lecture, 100% mobilité vélo et 0% cyclisme sportif.
Bonjour,
Vous n’avez pas pu passer à côté de cette information.
L’entreprise d’ultra-fast-fashion Shein va avoir son espace au BHV de Paris et dans cinq Galeries Lafayette. 1 200 mètres carrés au sixième étage de l’établissement dans le Marais, pour présenter et vendre ses produits.
Donald Tang, le président exécutif de Shein l’explique ainsi dans les colonnes du Figaro : « Nos magasins intégrés vont attirer une clientèle jeune qui bénéficiera au BHV et aux Galeries Lafayette affiliées en région ». Il explique le choix de la France ainsi : « En choisissant la France comme lieu d’expérimentation du commerce physique, nous reconnaissons sa position de capitale majeure de la mode ».
La direction de la maison mère de BHV, et des 7 enseignes affiliées Galeries Lafayette, abonde, toujours dans les colonnes du Figaro : « Cela profitera aux autres marques présentes dans ces grands magasins et aux quartiers commerçants alentours ».
Notons la concordance de l’annonce avec la tenue de la Fashion Week à Paris.
Quel rapport avec le joli monde du vélo, vous demandez-vous ? J’y viens.
Autre concordance de temps, la même semaine que l’annonce Shein, on apprend que le programme CEE de financement pour l’achat de vélos-cargos n’est plus. Il n’a pas duré un mois.
Face à une arrivée massive d’offres “votre cargo pour 0€”. Les fameux vélos-cargos à 0€ ne sont rien d’autre que des vélos “sheinisés”. Non conformes aux normes européennes, fabriqués probablement dans des conditions plus que discutables. Comme les petits hauts de Shein, les petits vélos-cargos ne respectent rien ou si peu.
Une fois que l’on a démontré et dénoncé cela, je vous invite à interroger les personnes de votre entourage, « Achetez-vous sur Shein ? Et si ce n’est vous, connaissez-vous quelqu’un qui le fait ? ». Vous serez surpris du nombre de réponses « moi non, mais oui je connais quelqu’un qui le fait » en ajoutant « mais bon c’est vraiment ponctuel et une pièce par-ci par-là ».
Sans prétendre avoir la réponse à la question du « comment faire ? », il est urgent d’éduquer, d’expliquer, de raconter, de rappeler que les normes environnementales, de sécurité, de travail ne sont pas des freins à l’innovation, ni des freins à la consommation.
Au contraire, elles sont là pour nous protéger, tous, toutes.
À moins d’accepter que nos sociétés ubérisées ne deviennent aussi Sheinisées.
À moins d’accepter qu’un vélo, qu’il soit cargo ou pas, soit un consommable, jetable après la photo sur Instagram.
Bonne lecture à toutes et tous,
Chaque mois, j’essaie d’ouvrir l’édito du Concentré Vélo à d’autres voix. Cette semaine, c’est Jérôme Sorrel, consultant, conférencier et animateur radio, qui s’y colle.Sponsorisée par Roulez Jeunesse
Déjà rentable après 15 mois,
Roulez Jeunesse ouvre son capital !
Le 31 juillet dernier, je me souviens parfaitement de ce que je faisais de 9h à 10h30.
J’étais dans un café aux Brotteaux, à Lyon, avec Alexis Zerbib, cofondateur de Roulez Jeunesse. Une discussion sans filtre, comme une interview de podcast, sauf qu’il n’y avait ni micro, ni public.
Il m’a parlé de ses aventures entrepreneuriales et surtout de ce qu’il en a retiré. De Cyclofix à Roulez Jeunesse, il a affiné sa vision : construire une boîte utile, simple, et rentable. Ce qu’il a appris, il le résume sans jargon : « Créer de la valeur, c’est d’abord enlever des frictions. »
Roulez Jeunesse, c’est exactement ça. Une plateforme qui simplifie la vie des cyclistes et des pros du vélo, déjà rentable après 15 mois (1,2 million d’euros de volume d’affaires) et plus de 15 000 cyclistes aidés (92% de satisfaction client).
Aujourd’hui, Roulez Jeunesse ouvre son capital, non pas pour lever à tout prix, mais pour fédérer autour d’un projet solide, rentable, humain et visant le marché européen.
L’objectif : devenir LA plateforme de référence qui simplifie l’achat, la réparation et la location de vélo auprès des meilleurs pros.
Alors quand son équipe m’a sollicité pour relayer l’ouverture de leur capital sur Crowdcube, j’étais à la fois motivé… et déjà préparé.
Note : Investir présente un risque de perte en capital. N’investissez que ce vous vous pouvez vous permettre de perdre.
→ Faites-vous connaitre en sponsorisant cette newsletter.Politiques cyclables 👵
Tout ça à cause d’un bout de trottoir
Ça ne va pas révolutionner votre jeudi… Mais c’est un frein au développement du vélo qu’on sous-estime trop souvent : le foncier.
À Lans-en-Vercors, impossible d’aménager une piste cyclable depuis des années. Pas à cause d’un manque de volonté politique, mais à cause du prix du mètre carré — parfois jusqu’à 500 €/m² pour racheter quelques bandes de trottoir. Et la conséquence n’est pas anodine pour ses habitants. Les cyclistes roulent toujours au milieu des voitures à 80 km/h.
Et une commune prête à agir reste bloquée faute de terrain.
Cette histoire illustre un point souvent oublié : sans maîtrise foncière, pas d’aménagement cyclable durable.
Économie du vélo 💶
L’Europe du vélo n’est pas là même partout !
Cette comparaison m’a été utile pour mieux comprendre le marché européen du vélo :
En 2024, l’Allemagne confirme son statut de locomotive du marché européen. Près de 4 millions de vélos vendus, dont plus de la moitié électrique.
En comparaison, la France reste un cran derrière avec 1,95 million d’unités, dont seulement un tiers de vélo à assistance électrique.
Le Royaume-Uni, lui, illustre le retard du pays des Spice Girls sur l’électrification : à peine 150 000 VAE vendus contre 1,45 million de vélos classiques.
Sans surprise, le vélo électrique est devenu le moteur du marché européen.
Et plus que le météo ou la topographie, c’est le pouvoir d’achat et la maturité industrielle qui semblent faire la différence.
Ailleurs dans le monde 🌍
Qui a dit que la France était le berceau de la bureaucratie ?
Les Suisses savent très bien nous copier… voire nous surpasser. Depuis le 1er juillet, la Confédération helvétique a revu sa réglementation vélo.
Objectif : moderniser. Résultat : complexifier.
Sur le papier, c’est simple. En présence d’une piste cyclable, il faut l’emprunter.
Mais les nouvelles exceptions changent tout : entre les vélos-cargos lourds, les speed bikes, les cyclomoteurs “facultatifs”, et les panneaux avec ou sans symbole du cyclomoteur, même un juriste zurichois s’y perdrait.
Si l’intention est bonne, dans la pratique, c’est un casse-tête de signalisation qui vous vaudra 30 francs d’amende si vous vous trompez.
La Suisse voulait fluidifier. Elle a surtout inventé le premier code de la route cargo-compatible au monde. Pas sûr que ça roule mieux.
PS : Mais eux ont toujours un gouvernement… (au moment où j’écris ces lignes)
Vidéo 📺
Un raton laveur comme ambassadeur
D’habitude, les campagnes de promotion ou de prévention pour les petits cyclistes parlent surtout aux parents. Elles sont souvent à côté de la plaque. C’est tout aussi raté pour les campagnes à destination des ados…
Cette fois, SIGMA, une marque d’éclairage pour vélo, joue le jeu à fond. Son dernier clip publicitaire met en scène Kota, un raton laveur, et des super-héros lumineux, avec un rendu qui ressemble à s’y méprendre aux vidéos que des millions d’enfants ingurgitent regardent sur YouTube.
Forcément, j’ai trop de cheveux blancs pour être la cible de ce type de pub. Mais si je coupe le son, je vois très bien pourquoi ça peut captiver un enfant dans sa poussette ou au resto pendant que ses parents font autre chose.
Et donc pourquoi un enfant pourrait vouloir être aussi bien équipé que ce raton laveur.
→ À regarder sur Youtube - SIGMA
Tourisme 🚵
Le rêve, la pluie et un genou en feu.
Il voulait traverser les Alpes à vélo mais rien ne s’est passé comme prévu.
Pluie battante, cols interminables, genou douloureux, sandwich regretté et pourtant, impossible de décrocher.
La Route des Grandes Alpes (750 km, 20 000 m de dénivelé) devient ici une épopée humaine, filmée dans le dur : les sacs trop lourds, les descentes grisantes, les tunnels flippants et les coups de main salvateurs d’automobilistes bienveillants.
Entre deux orages, ce vidéaste réalise que le vrai défi n’est pas de pédaler, c’est d’accepter de continuer quand tout contrarie le plan initial.
Une leçon de voyage à vélo que je vais essayer de retenir. Ce n’est pas la météo qui décide, c’est la patience.
Enfin je ne prendrais pas la Route des Grandes Alpes. Mon petit corps de citadin quadra n’aura pas la patience et encore moins la résistance.
→ À regarder sur Youtube - Objectif Ushuaia
Études et recherches 📑
Ils nous protègent quand ils nous contrôlent.
Sur les pistes de Ronce-les-Bains et des Mathes, les gendarmes ne traquent pas les cyclistes imprudents. Ils traquent les vélos volés.
Chaque été, les vols explosent sur le littoral. Plus d’une centaine rien que sur ces deux communes. Campings, marchés, soirées au bord de la mer, les occasions ne manquent pas. Un cadenas léger, une minute d’inattention et le vélo disparaît.
Alors les gendarmes contrôlent les cyclistes sur les pistes cyclables, vérifient les numéros d’identification, rappellent que ce marquage est indispensable, et expliquent comment enregistrer son vélo pour pouvoir le retrouver.
Ces contrôles ne gâchent pas les vacances. Ils les sécurisent.
Merci la gendarmerie.
Sponsorisé par Hello’c
L’allié des magasins et marques de vélo
Je trouve qu’on manque souvent de temps pour tester avant d’acheter.
Et dans le vélo, c’est encore plus vrai. On parle d’un objet qu’on utilise tous les jours, qu’on ressent, qu’on apprivoise. Faire le tour du pâté de maisons de son vélociste avant d’acheter, ce n’est pas assez. C’est d’ailleurs ce qui explique le succès des services de location de quelques mois comme Véligo.
C’est ce constat qui a donné naissance à Hello’c. Une plateforme qui part d’une idée toute simple. Le vélo, ça se choisit en roulant.
Mais derrière cette promesse grand public, se cache surtout une solution business puissante pour les magasins et les marques. Hello’c leur permet de proposer la location-test sans s’occuper de rien : ni contrat, ni assurance, ni caution ou système de suivi.
La plateforme permet d’apporter des clients, de tout gérer de la location-test jusqu’à l’achat final avec une solution pour optimiser la conversion.
Au final, plus de clients qui testent, plus de ventes qui se concluent, et une expérience d’achat fluide qui valorise les revendeurs… et à travers eux les fabricants qui jouent le jeu.
→ Faites-vous connaître en sponsorisant cette newsletter.Business Developer/Cofounder : Captain Blink - Nantes - Pays de la Loire - Cofounder
→ Déposez directement votre offre d'emploi sur lejobvelo.frC’est l’histoire du fondateur de Brooks
En 1865, un jeune homme de 20 ans, John Boultbee Brooks, quitte sa ville natale de Hinckley avec une poignée de livres sterling en poche. Il s’installe à Birmingham, cœur industriel de l’Angleterre victorienne. Son savoir-faire : le cuir, hérité d’une famille de tanneurs et d’artisans du harnachement.
Il fonde J.B. Brooks & Co., une entreprise spécialisée dans les équipements équestres. À l’époque, la selle de cheval est un objet noble, façonné à la main, pensé pour durer. Brooks en maîtrise chaque détail.
Mais un jour de 1878, tout change. Son cheval meurt. Impossible d’en acheter un nouveau. Par nécessité, il emprunte un vélo pour se rendre à l’atelier. C’est une révélation… douloureuse. Les selles en bois, rigides et mal adaptées, transforment le trajet en supplice.
Là où beaucoup auraient râlé, lui voit une opportunité. Il applique son expertise du cuir à un nouveau défi : concevoir une selle de bicyclette confortable. Il expérimente, dessine, teste. Jusqu’à déposer, le 28 octobre 1882, un brevet pour une selle suspendue, utilisant des ressorts et du cuir tendu. Une première.
Ce n’est pas juste une invention. C’est une révolution dans le confort cycliste. Les voyageurs à vélo, les coursiers, les amateurs, tous plébiscitent ce nouveau type de selle. Et très vite, Brooks devient une référence.
Il diversifie. Sacoches, outils, accessoires — toujours avec le même souci du détail, la même exigence artisanale. La marque s’inscrit dans la durée, traversant les décennies sans céder à la tentation du plastique ou du jetable.
John Boultbee Brooks meurt en 1921. Mais son nom, gravé sur des millions de selles en cuir, continue de voyager à travers le monde. Encore aujourd’hui, sur les routes d’Europe ou d’Asie, on croise ces selles patinées par les kilomètres, fidèles compagnons des cyclistes exigeants et élégants.
Ce n’est pas juste une histoire de vélo.
C’est l’histoire d’un homme qui, confronté à une difficulté banale (aucun jeu de mots), a su inventer un classique.
🙋 L’agence marketing du vélo
Le soir et le week-end, je rédige cette newsletter.
Le jour, j’aide des entreprises du secteur du vélo à définir et atteindre leurs objectifs commerciaux et marketing. J’adore ça !
Je compte vos 💖 chaque semaine !
Merci d’avoir ouvert cette édition et de l’avoir parcourue jusqu’ici.
Je répondrai à tous les commentaires et je compterai chaque “like”.
Comme chaque semaine, c’est un grand kiff !
Et encore plus quand un nouvel abonné découvre mon travail grâce à vous.
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Sympa et varié cette semaine ! Merci
Merci Léry pour la variété des sujets traités qui m'apportent idées et inspirations.